Ressources documentaires AB

  1. Accueil
  2. Docs
  3. Ressources documentaires AB
  4. Vie du réseau
  5. Écoles et accessibilité : des “ambassadeurs” formés pour accompagner les personnes handicapées

Écoles et accessibilité : des “ambassadeurs” formés pour accompagner les personnes handicapées

   

La volonté de bien accueillir les personnes en situation de handicap s’appuie sur les valeurs portées par l’Enseignement catholique, notamment sur un accueil ouvert à tous, quels que soient les profils, les histoires ou les différences. Améliorer l’accessibilité des locaux est une chose, sensibiliser les personnels et former des personnes-ressources en est une autre. Pourtant, ces actions sont nécessaires à l’accueil de tous au sein des établissements catholiques d’enseignement. Retour sur la Journée des Ambassadeurs de l’Accessibilité.

Pour que les territoires disposent d’une personne-ressource pour accompagner les actions de sensibilisation et la formation des personnels des établissements scolaires, la Fnogec a organisé une journée de formation destinée à former un réseau de personnes-ressources dénommées « ambassadeurs de l’accessibilité ». Trente-cinq personnes se sont ainsi réunies le 27 mars à Paris : bénévoles, personnels d’Udogec ou de direction diocésaine, enseignants spécialisés, etc., pour suivre cette formation animée par des représentants de l’Enseignement catholique et par un collectif d’associations de représentation et de défense des intérêts des personnes handicapées et de leurs familles : l’Unapei (Union nationale des associations de parents, de personnes handicapées mentales et de leurs amis.).

Pour démarrer cette journée, Aurélia de Saint-Exupéry, secrétaire générale de la Fnogec, et Jean Bouvet, coordonnateur BEP-ASH (Besoins éducatifs particuliers (BEP) et Adaptation et scolarisation des élèves en situation de handicap (ASH)) à la direction diocésaine de Lyon, ont rappelé que l’enseignement n’a pas attendu la loi de 2005 pour accueillir et scolariser des enfants à besoins particuliers en milieu ordinaire. En tant que fédération des employeurs des 80 000 salariés des Ogec, la Fnogec doit accompagner ses structures régionales et départementales (Udogec / Urogec) ainsi que les Ogec dans la formation des personnels (en lien avec le Collège employeur).

L’objectif de cette journée était de sensibiliser et d’informer les participants afin de leur permettre d’améliorer l’accueil des personnes handicapées sur leur territoire. Après un rappel de la philosophie de la loi « handicap » de 2005 par Jacques Bouvier, un « quiz » a été organisé pour permettre de faire tomber quelques idées reçues sur le handicap.

Quatre associations de représentation et de défense des intérêts des personnes handicapées et de leurs familles ont interagi avec la salle pour apporter les réponses liées aux différents handicaps :

  • l’Association des paralysés de France pour le handicap moteur ;
  • le Mouvement des sourds de France pour le handicap auditif ;
  • la Fédération des aveugles de France pour le handicap visuel ;
  • l’Unapei pour le handicap intellectuel.

Les participants ont ensuite pu assister à des ateliers animés par les représentants des différentes associations (voir l’encadré ci-dessous) qui leur ont permis « d’appréhender les difficultés et les incompréhensions réciproques qui peuvent altérer une bonne communication avec les personnes handicapées » (Michel Rodriguez, secrétaire général de l’Udogec Gironde).

Lors des quatre ateliers proposés sont ressortis des messages essentiels.

  • Le handicap moteur

« Le handicap moteur est multiple. Ainsi, chaque situation est individuelle : il est parfois lié à d’autres troubles : cérébraux, visuels, etc. Une personne handicapée est avant tout une personne » a rappelé Thierry Géraux, secrétaire général de l’Urogec Bourgogne.

« Nous avons brossé une cartographie des handicaps moteurs qui peuvent résulter d’une maladie génétique mais aussi d’un accident de la vie. L’important est de toujours privilégier l’accueil bienveillant en gardant la personne libre et autonome. On l’accompagne mais on ne fait pas à sa place. La personne qui accueille doit être attentive aux signes d’un handicap moteur (paralysie, difficulté de mouvement, etc.) pour favoriser le bien-être et la dignité. Par exemple : proposer un siège à une per- sonne souffrant de grande fatigabilité est déjà une démarche d’accueil » a précisé Aurélie Delgove, coordinatrice Formation et Compétences pour le Collège employeur.

  • La déficience auditive

« Nous avons pu appréhender les différentes facettes de ce handicap (sourd de naissance ou perte de l’audition), les moyens de communication (langue des signes, langage complété et lecture sur les lèvres), les comportements à adopter face à une personne malentendante ou sourde, les techniques médicalisées pour aider à l’audition (appareil, implant, équipement de borne magnétique) » explique Aurélie Delgove.

Michel Rodriguez, secrétaire général de l’Udogec Gironde, nous livre les conseils qui ont été préconisés aux participants pour une bonne communication, à savoir : « Évaluer si la personne parle la langue des signes française (LSF) (le repérer selon son degré de déficience, sa façon de se comporter avec les gestes), se placer face à la lumière pour permettre la lecture labiale, parler lentement, distinctement sans exagérer, avec des temps de pause pour vérifier si la personne a compris, attirer, captiver l’attention pour démarrer un dialogue, garder le contact visuel, utiliser éventuellement un support écrit pour donner des informations sur un itinéraire ou des horaires. L’important est d’accompagner le discours d’un texte court pour vérifier que le message a bien été compris par la personne sourde ou malentendante. Le sourire est le premier acte d’accueil », complète Aurélie Delgove.

  • Le handicap intellectuel

Les notions de handicap intellectuel et de handicap psychique ont été précisées et définies. Le handicap intellectuel est la conséquence d’une déficience intellectuelle qui peut s’accompagner d’une déficience motrice, sensorielle ou psychique plus ou moins sévère. Le handicap intellectuel ne se guérit pas, mais des actions éducatives, thérapeutiques et pédagogiques adaptées peuvent en réduire les conséquences et apporter à la personne qui en est atteinte la plus grande autonomie possible. Il se distingue de la maladie mentale qui concerne toute une série de troubles psychiques. Contrairement au handicap intellectuel, la maladie mentale peut être stabilisée ou guérie par une thérapie adaptée. Lorsque la maladie mentale devient invalidante, la personne qui en souffre est reconnue handicapée psychique.

Les représentants des associations ayant animé un atelier

  • Marie Ans, chef de projet formation APF Formation.
  • René Bruneau, président du Mouvement des sourds de France.
  • Tony Bove, formateur pour le centre de formation de l’Unapei.
  • Isabelle Cardon, Fédération des aveugles de France.
  • Jeanine Danquin, chargée de formation à l’Unapei et coordinatrice pour le projet de formation des ambassadeurs de l’accessibilité.
  • Philippe Gilles-Chomel, responsable de formations de l’antenne Île-de-France APF Formation.
  • Bénédicte Tenneson, responsable Access Formation, ergonome – Fédération des Aveugles de France.

Comme le précise Michel Rodriguez : « Les personnes handicapées mentales ont une difficulté de communication qui se traduit principalement par un problème de compréhension et de prise de parole. En effet, communiquer avec une personne déficiente intellectuellement n’est pas toujours facile et certaines de ces personnes utilisent un vocabulaire restreint, alors que pour d’autres, c’est la construction des phrases qui reste complexe.

« Ces personnes peuvent éprouver quelques difficultés dans leur capacité d’abstraction (en particulier, difficulté ou absence de lecture et d’écriture), d’apprentissage, de concentration (l’attention ne peut être soutenue longtemps), de coordination (de gestes, maladresse et lenteur de mouvements), de mémorisation, de communication (relation avec l’autre), de repérage dans le temps et dans l’espace, des difficultés relationnelles (difficulté d’intégration dans un groupe), des difficultés à apprécier la valeur de l’argent, à faire des choix et/ou à décider.

Les principaux conseils à retenir sont :

  • écouter attentivement, être patient, être disponible ;
  • rester naturel, ne pas parler trop vite, sans pour autant infantiliser la personne ;
  • utiliser le vouvoiement ;
  • s’adresser directement à la personne (si elle est accompagnée) ;
  • utiliser des mots simples et des phrases courtes,
  • formuler des idées et des réponses claires ;
  • reformuler ;
  • s’assurer que la personne a compris en lui suggérant qu’elle-même reformule vos propos ;
  • proposer de l’aide, mais ne pas faire à la place de la personne ;
  • éviter les situations d’incertitude car elles sont source de stress. »

Pour permettre aux personnes handicapées mentales de repérer facilement les lieux qui leur proposent un accueil, un accompagnement et des prestations adaptés, le pictogramme Symbole d’accueil, d’accompagnement et d’accessibilité (S3A) a été créé par l’Unapei. La présence de ce pictogramme dans une école concrétise son engagement et présuppose de réelles réalisations en matière de moyens humains, matériels et organisationnels.

  • La déficience visuelle

La vue est le sens le plus développé chez l’homme : 80 % des informations envoyées au cerveau se font par ce canal. C’est le sens le plus sollicité, même chez les personnes malvoyantes (quitte à se « fatiguer les yeux » et souffrir de maux de tête). La déficience visuelle est souvent représentée par la cécité mais les personnes malvoyantes sont plus nombreuses que les per- sonnes aveugles. En effet, en France, on compte 207 000 aveugles ou malvoyants profonds (dont 61 000 aveugles) alors que la malvoyance légère ou moyenne touche 1 492 000 personnes. C’est un handicap mal connu et invisible qui entraîne des comportements ou des attitudes parfois surprenantes. Pour accompagner et accueillir au mieux une personne malvoyante, il faut connaître ses besoins :

  • a-t-elle des difficultés dans le champ du déplacement ?
  • sa déficience visuelle rend-elle la lecture difficile ?
  • l’excès de lumière provoque-t-il une gêne ? Face à une personne malvoyante, il ne faut pas changer son langage : il faut la regarder (l’échange de regard initie la relation), se présenter et l’aider à situer chaque interlocuteur dans un groupe. Les participants ont été initiés à la technique de « guide » qui permet à une personne déficiente visuellement de se déplacer en sécurité et en confort grâce à un guide. Cette technique repose sur des codes corporels afin de limiter les explications orales.

Pour en savoir plus, découvrez les vidéos réalisées par la Fédération des aveugles de France : Comment les personnes en situation de déficience visuelle se déplacent-elles ? Comment guider une personne déficiente visuelle  ?

Une personne handicapée est avant tout une personne

Ce message clé a été largement repris. Pour conclure, Thierry Géraux, Secrétaire général de l’Urogec de Bourgogne, a également précisé : « Les personnes valides ont parfois de l’appréhension à entrer en relation avec des personnes handicapées car le handicap fait peur. Le handicap est une différence qu’il ne faut pas nier, il convient de l’intégrer dans la vie de l’établissement. Pour une personne handicapée, l’état de “personne valide” représente un handicap, de ce fait il est important pour les valides de faire preuve d’empathie ». Michel Rodriguez a, quant à lui, précisé : « une meilleure connaissance des personnes dites “différentes” favorisera un changement dans nos comportements vis-à-vis des personnes handicapées et un meilleur accueil au sein de nos établissements scolaires ».


Article publié par Sophie Pouverreaujuriste du pôle Économie-gestion de la Fnogec, « Arc boutant », N° 581, mai 2018.

Étiquettes , , , , , , , , , , ,

Comment pouvons-nous aider ?