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Le décret du 10 novembre 2020 reprend les critères de vulnérabilité énoncés par le décret du 5 mai 2020 en y ajoutant un douzième. Il énonce également des critères relatifs aux conditions de travail.

Ces dispositions sont applicables à compter du 12 novembre 2020 et jusqu’au 31décembre 2020.

Les critères de vulnérabilité

Pour être placé en position d’activité partielle, un salarié doit cumuler deux critères, l’un relatif à son état de santé ou à son âge, l’autre relatif à ses conditions de travail.

Critères relatifs à l’état de santé ou à l’âge

a) Etre âgé de 65 ans et plus ;
b) Avoir des antécédents (ATCD) cardio-vasculaires : hypertension artérielle compliquée (avec complications cardiaques, rénales et vasculo-cérébrales), ATCD d’accident vasculaire cérébral ou de coronaropathie, de chirurgie cardiaque, insuffisance cardiaque stade NYHA III ou IV ;
c) Avoir un diabète non équilibré ou présentant des complications ;
d) Présenter une pathologie chronique respiratoire susceptible de décompenser lors d’une infection virale : (broncho-pneumopathie obstructive, asthme sévère, fibrose pulmonaire, syndrome d’apnées du sommeil, mucoviscidose notamment) ;
e) Présenter une insuffisance rénale chronique dialysée ;
f) Etre atteint de cancer évolutif sous traitement (hors hormonothérapie) ;
g) Présenter une obésité (indice de masse corporelle (IMC) > 30 kgm2) ;
h) Etre atteint d’une immunodépression congénitale ou acquise :
– médicamenteuse : chimiothérapie anticancéreuse, traitement immunosuppresseur, biothérapie et/ou corticothérapie à dose immunosuppressive ;
– infection à VIH non contrôlée ou avec des CD4 < 200/mm3 ;
– consécutive à une greffe d’organe solide ou de cellules souches hématopoïétiques ;
– liée à une hémopathie maligne en cours de traitement ;
i) Etre atteint de cirrhose au stade B du score de Child Pugh au moins ;
j) Présenter un syndrome drépanocytaire majeur ou ayant un antécédent de splénectomie ;
k) Etre au troisième trimestre de la grossesse ;
l) Nouveau critère : Etre atteint d’une maladie du motoneurone, d’une myasthénie grave, de sclérose en plaques, de la maladie de Parkinson, de paralysie cérébrale, de quadriplégie ou hémiplégie, d’une tumeur maligne primitive cérébrale, d’une maladie cérébelleuse progressive ou d’une maladie rare.

Critères relatifs aux conditions de travail

Pour placer un salarié en position d’activité partielle, ses activités ne doivent pas pouvoir être réalisées intégralement en télétravail.

En outre, le salarié ne bénéficie pas des mesures de protection renforcées suivantes :

a) L’isolement du poste de travail, notamment par la mise à disposition d’un bureau individuel ou, à défaut, son aménagement, pour limiter au maximum le risque d’exposition, en particulier par l’adaptation des horaires ou la mise en place de protections matérielles ;
b) Le respect, sur le lieu de travail et en tout lieu fréquenté par la personne à l’occasion de son activité professionnelle, de gestes barrières renforcés : hygiène des mains renforcée, port systématique d’un masque de type chirurgical lorsque la distanciation physique ne peut être respectée ou en milieu clos, avec changement de ce masque au moins toutes les quatre heures et avant ce délai s’il est mouillé ou humide ;
c) L’absence ou la limitation du partage du poste de travail ;
d) Le nettoyage et la désinfection du poste de travail et des surfaces touchées par la personne au moins en début et en fin de poste, en particulier lorsque ce poste est partagé ;
e) Une adaptation des horaires d’arrivée et de départ et des éventuels autres déplacements professionnels, compte tenu des moyens de transport utilisés par la personne, afin d’y éviter les heures d’affluence ;
f) La mise à disposition par l’employeur de masques de type chirurgical en nombre suffisant pour couvrir les trajets entre le domicile et le lieu de travail lorsque la personne recourt à des moyens de transport collectifs.

Quelle démarche effectuer ?

voir les modèles au salarié proposés

Le salarié qui cumule un critère relatif à son âge ou son état de santé, qui ne peut pas télétravailler et ne bénéficie pas sur son lieu de travail des mesures de protection renforcées, peut solliciter son médecin pour qu’il lui établisse un certificat d’isolement. Il remet alors ce certificat à son employeur qui le place en activité partielle.

Lorsque le salarié est en désaccord avec l’employeur sur l’appréciation portée par celui-ci sur la mise en œuvre des mesures de protection renforcées, il saisit le médecin du travail qui évalue la situation. Le salarié est placé en position d’activité partielle dans l’attente de l’avis du médecin du travail.

Un employeur ne peut pas placer un salarié en activité partielle au titre de la vulnérabilité si celui-ci ne lui transmet pas de certificat médical.

Un salarié ne peut pas demander à être placé en activité partielle si aucun médecin ne lui a établi de certificat. S’il n’effectue pas les heures de travail prévues à son planning, il s’agit d’une absence injustifiée.

Faut-il un nouveau certificat d’isolement ?

La ministre du Travail indique dans son communiqué de presse du 11 novembre que, « lorsque le salarié a déjà fait l’objet [au titre de sa vulnérabilité] d’un certificat d’isolement entre mai et août derniers, un nouveau justificatif ne sera pas nécessaire, sous réserve que les possibilités d’exercice de l’activité professionnelle en télétravail ou en présentiel n’ont pas évolué. »

Un point d’attention est à soulever cependant : entre mai et août derniers, des certificats d’isolement pouvaient être délivrés au titre de la cohabitation avec une personne vulnérable. Or, depuis le 29 août 2020, la possibilité de l’activité partielle pour les salariés partageant le foyer d’une personne vulnérable a été supprimée.
Sachant que les certificats délivrés n’indiquaient pas la cause de la nécessité d’isolement (vulnérabilité du salarié ou d’une personne avec qui il cohabitait), il semble souhaitable que le salarié fournisse un nouveau certificat.

Rappel : quid des salariés dont le salaire est financé par « forfait » ?

Nous le savons, les associations ne peuvent placer en activité partielle les salariés dont le salaire est financé par des fonds publics et bénéficier de l’allocation de compensation de l’ASP.
Souvenons nous, à compter du 1er mai 2020 (loi de finances rectificative pour 2020), les salariés concernés doivent être placés en activité partielle.
Il s’agit là d’une obligation pour l’employeur et cela que l’ ait eu recours au dispositif d’activité partielle ou non et même si la rémunération du salarié concerné est financée par le forfait d’externat ou la contribution des familles.
Notons que certains de ces salariés (bien que « financés » par forfait) doivent être remplacés en vue de l’ouverture progressive de tous les établissements à compter du 11 mai (heures supplémentaires ou complémentaires en raison d’un remplacement en interne, ou recours à un CDD ou à l’intérim pour un remplacement à l’externe) et cela n’est pas compensé par des fonds publics.
Notons que l’employeur peut placer les salariés en activité partielle sans pour autant demander l’allocation correspondante. Cette question est laissée à son libre choix. Cela peut être une solution pour les établissements qui ne souhaiteraient prendre aucun risque.

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